L'IA consomme de l'électricité, de l'eau et des ressources pour fabriquer les machines. Les ordres de grandeur sont encore mal connus, et les chiffres les plus précis viennent… des éditeurs eux-mêmes. Voici ce qui est publié, avec son périmètre, et ce qu'on peut en faire.
Le coût d'une requête : deux mesures publiées par des éditeurs
Mistral AI (juillet 2025)
Mistral a publié l'analyse de cycle de vie de son modèle Mistral Large 2, réalisée avec Carbone 4 et l'ADEME, revue par Resilio et Hubblo. Pour une réponse de 400 tokens (environ une page courte) sur Le Chat, hors terminal de l'utilisateur, l'impact marginal est estimé à 1,14 g d'équivalent CO2, 45 mL d'eau et 0,16 mg d'équivalent antimoine (épuisement des ressources). L'entraînement du modèle et 18 mois d'utilisation représentent, selon la même étude, 20,4 kilotonnes d'équivalent CO2 et 281 000 m3 d'eau.
Google (août 2025)
Google indique qu'une requête texte médiane dans l'application Gemini (mesurée en mai 2025) consomme 0,24 Wh, émet 0,03 g d'équivalent CO2 et consomme 0,26 mL d'eau, selon une méthode qui inclut les machines au repos et le refroidissement.
L'échelle globale
Selon l'Agence internationale de l'énergie (rapport « Energy and AI », 2025), les centres de données ont consommé environ 415 TWh en 2024, soit environ 1,5 % de l'électricité mondiale, avec une projection d'environ 945 TWh en 2030, un peu plus que la consommation actuelle du Japon. L'IA est le principal moteur de cette hausse.
En France
- L'étude ADEME–Arcep (mise à jour en janvier 2025) attribue aux centres de données 46 % de l'empreinte carbone du numérique en France en 2022, en comptant les centres situés à l'étranger qui servent des usages français.
- Selon l'enquête annuelle de l'Arcep (édition 2026), entre 2023 et 2024, la consommation électrique des opérateurs de centres de données a augmenté de 12 % et leurs émissions de gaz à effet de serre de 23 %.
- L'Arcep a publié en mai 2026 un rapport sur les défis environnementaux de l'IA générative, et l'ADEME un avis en juillet 2026 : ils identifient les centres de données comme principal facteur, les effets sur les réseaux et les terminaux restant incertains.
Bien lire ces chiffres
Une requête isolée pèse peu. L'enjeu vient du volume : des milliards de requêtes, des usages qui se multiplient (images, vidéos, agents qui enchaînent des dizaines d'appels), et la construction de nouveaux centres de données. La génération d'images et surtout de vidéos est bien plus gourmande que celle d'un texte court, sans que des chiffres officiels comparables soient publiés pour tous les outils.
Les gestes qui réduisent l'empreinte, sans renoncer à l'outil
- Utiliser l'IA quand elle apporte vraiment : un moteur de recherche classique suffit pour trouver une adresse ou un horaire.
- Préparer sa demande : une bonne consigne évite dix allers-retours.
- Choisir un modèle adapté : les petits modèles suffisent pour reformuler ou résumer ; les plus puissants sont à garder pour les tâches difficiles.
- Limiter les images et vidéos générées à celles dont vous avez réellement besoin.
- Garder ses appareils plus longtemps : leur fabrication fait aussi partie de l'empreinte du numérique.
Pour aller plus loin
- Arcep et ADEME : observatoire des impacts environnementaux du numérique
- AIE : Energy and AI, résumé (en anglais)
Sources
- Mistral AI : contribution à un standard environnemental pour l'IA (22/07/2025) (analyse de cycle de vie) vérifié le 28/10/2026
- Google Cloud : Measuring the environmental impact of AI inference (août 2025) (requête Gemini médiane) vérifié le 28/10/2026
- AIE : Energy and AI, résumé (centres de données 2024 et 2030) vérifié le 28/10/2026
- Arcep : rapport IA générative et environnement (21/05/2026, PDF) (facteurs identifiés) vérifié le 28/10/2026
- Arcep : Pour un numérique soutenable, édition 2026 (PDF) (hausse 2023-2024) vérifié le 28/10/2026
- Arcep : étude ADEME-Arcep sur l'empreinte du numérique (46 % pour les centres de données) vérifié le 28/10/2026